< Villemoisson en 1914

          Villemoisson-sur-Orge

                     en 1914

 

                         

 

 

Quand la guerre éclate, Villemoisson correspond encore beaucoup à la description qu’en donne l’instituteur dans sa monographie de 1899 :

 

Villemoisson-sur-Orge est échelonné sur la pente d’un coteau boisé qui regarde le nord, au pied duquel coule la petite rivière de l’Orge. ..... Sa superficie est de 229 ha, la population qui était en 1816 de 260 habitants,en 1831 de 282, en 1851 de 236, en 1860 de 268, en 1871 de 360 et en 1896 de 481 tend à augmenter à cause de sa proximité de Paris et des moyens de communication par le Chemin de Paris Orléans, station d’Epinay-sur-Orge qui est à 1 km environ.

On fait de la petite culture à Villemoisson-sur-Orge principalement les haricots verts pour Paris. On y récolte beaucoup de cerises, prunes, pêches et poires qui sont expédiées au fur et à mesure de la maturité aux Halles.

On y extrait de grandes quantités de pierres meulières pour les routes et les constructions en pierres sont en partie dirigées sur Paris ; on y fabrique des meules pour ciments et matières céramiques.

En été des émigrants sont attirés par l’air pur et embaumé qu’on y respire, le calme parfait qui y règne et la proximité de la forêt de Séquigny ou de Sainte-Geneviève.

 

Mais entre 1900 et 1914 les choses changent car le hold-up sur la forêt a été consommé et les lotissements commencent à apparaître. La guerre et ses suites vont perturber les programmes prévus et ce n’est qu’après bien des péripéties (crises économiques, bouleversements politiques, accélération du progrès technique, une nouvelle guerre encore plus destructrice que la précédente, etc.) qu’on en arrivera à la situation d’aujourd’hui : au passage en cent ans du petit village rural à la ville de 7.000 habitants fondue dans la tentaculaire banlieue de la capitale.

 

Parce que l’époque dont il est question ici est aussi l’âge d’or de la carte postale, on en a de nombreuses images souvent reproduites dans les livres et les sites Internet qui traitent d’histoire locale. Il en est donné les références à la fin de ce dossier. Pour illustrer cette page nous en avons choisi quatre :

 

 

                       

 

- la mairie-école, construite en plusieurs épisodes de 1875 à 1879, est en 1914, insuffisante pour accueillir 70 enfants dans une seule classe mixte. On improvisera pour les répartir dans différents locaux jusqu’en 1929, année d’ouverture de la nouvelle école. Le bâtiment ancien continuera à servir de mairie jusqu’en 1985. Pendant plus d’un siècle ! Bel exemple d’un emploi économe des fonds publics ! Elle est toujours là et on peut encore la reconnaître sous les blessures du temps. Du temps et des hommes.

 

                         

 

- la route conduisant à Longpont, aujourd’hui rue Gallieni : image du Villemoisson rural où l’on s’éclairait à la lampe à pétrole ou à la bougie, où l’on se chauffait au bois ou au charbon. Il semble bien que cette rue n’était pas encore éclairée et qu’il n’y avait pas encore d’abonné au téléphone dans ce quartier des Franchises. Tous ces apports du progrès sont aujourd’hui parvenus jusque-là. Malgré cela, on peut encore facilement reconnaître les lieux photographiés ici.

 

                        

 

- Le Castel d’Orgeval, construit en 1904 par l’architecte Hector Guimard pour servir de bureau de vente au lotissement du Parc Beauséjour. Construction « à part »qui contrastait et qui contraste toujours avec le paysage environnant. Elle n’a subi que des outrages mineurs et existe toujours en pratiquant toutefois la discrétion. Elle vaut au nom de Villemoisson-sur-Orge de figurer dans les livres qui traitent d’architecture moderne qui citent tous ce rare témoin de ce qu’on appelé l’Art Nouveau, une école qui n’a guère survécu après la fin de la guerre.

 

                   

 

- Une autre image d’un bouleversement qui se prépare est celle de l’entrée principale du lotissement du Bois de Villemoisson, c’est à dire l’annonce de la disparition définitive d’une des plus belles forêts de la Seine-et-Oise la forêt de Séquigny. Aucune plaque commémorative ne signale aujourd’hui cet endroit aux visiteurs.

 

 

                                                        la suite de Villemoisson et la guerre 1914-1918 est ici >>>>>

 

édition du 6 septembre 2008

Marcel Saint-Sevin

 

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