< la petite école de villemoisson

le cœur du Villemoison

d’en bas et d’avant

 

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photo m.s.s. 2004
C’est le 15 août 1845 que le conseil municipal de Villemoisson-sur-Orge s’est réuni afin de donner réponse à une lettre du Préfet l’engageant à voter des fonds pour ajouter des dossiers aux bancs des écoles.

Le bâtiment où cette réunion s’est tenue et qui abritait aussi l’école existe toujours. Ceux qui habitent le quartier comme ceux qui viennent y danser ou faire de la gymnastique le reconnaîtront sur la photographie. Les autres sont invités à venir, en se promenant à pied un jour de beau temps, voir un des rares endroits où l’on peut encore respirer un petit air du passé rural du Villemoisson . Et pas seulement de Villemoisson car, à notre connaissance, il ne doit pas y avoir beaucoup de bâtiments de ce type et de cette époque encore debout dans toute la région.

 

 

D’après nos historiens locaux : MM. Chaudun et Audigé, on sait que plusieurs écoles religieuses, privées et communales ont existé à Villemoisson avant celle-là, mais aussi, que par suite de la réduction de la population à 58 ménages, les enfants avaient été obligés à la fin de la Révolution d’aller dans les communes voisines chercher l’instruction.

 

C’est en 1831 que le maire, Monsieur Maurey (1770-1849), en constatant que « depuis longtemps la commune éprouvait le besoin d’une école primaire » a offert gratuitement à la commune un terrain de 134 m² sur lequel une école a été construite en 1832. L’emplacement avait été choisi au centre du pays, mais à un endroit assez isolé pour que les enfants n’incommodent pas les habitants tout en bénéficiant des bienfaits du grand air.

 

A cette époque Villemoisson était un village campagnard qui ne comportait en fait qu’une seule rue allant de la ferme aux Franchises, en passant par l’église, le château, le Collège, le Vieux Logis. Les habitations se trouvaient réparties tout au long de cette voie et abritaient, en 1831, 282 âmes après recensement.

 

 

                      

 

 

                                          

 

                                   Ordonnance de Louis Philippe, Roi des Français, donnée au Palais de St Cloud

                                   le 6 juillet 1832 et autorisant la Commune de Villemoisson à accepter la

                                   donation d’un terrain destiné à la construction d’une maison d’école.

                                                                                        Archives départementales de l’Essonne

 

 

 l’histoire de la petite école racontée par l’instituteur

 

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                          la petite école de 1832 ?
La maison la plus proche de l’école de 1832 était celle du maire, aujourd’hui baptisée « Manoir du Vieux Logis ». Devant l’école il y avait un mur, celui qui entourait le parc de ladite demeure.

 

 A l’ouest les habitations les plus proches devaient se situer du côté de la rue de la Forêt actuelle. Et derrière l’école, il n’y avait rien, sinon une vue magnifique sur la vallée de l’Orge, les hauteurs d’Epinay, de Savigny et de Morsang et de quelques hameaux isolés.

 

Quand on se promène dans le quartier, dans les rues et les ruelles, on trouve par-ci par-là des restes de murs vieux et moussus qui entouraient les grandes propriétés. Ces clôtures nous donnent, sur le terrain et beaucoup mieux que sur un plan, une idée de ce que devait le Villemoisson du début du XIXème siècle. On devrait en faire un parcours touristique et historique.

 

Monsieur Louis-Victorien-Ernest Guérin qui a été l’instituteur de Villemoisson-sur-Orge d’octobre 1889 à juillet 1912 a réalisé à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900 une monographie de Villemoisson dont une copie est conservée aux Archives départementales de l’Essonne. Il n’y parle pas que de l’école, mais aussi de géographie, d’histoire, d’agriculture : haricots verts, cerises, prunes, pêches et poires. Néanmoins, la part de l’activité scolaire est importante  et il énumère chronologiquement les actes officiels qui ont émaillé la vie de la petite école. On en donnera ci-après de larges extraits :

 

- les travaux de construction ont commencé en avril 1832 et se sont terminés en septembre de la même année. Ils ont coûté avec les bancs 2000,37F.

- en 1833 le traitement de l’instituteur est fixé à 200F. La rétribution scolaire est fixée à 1,50F pour les enfants qui apprennent à lire et à écrire, à 1F pour ceux qui n’écrivent pas encore. 5 enfants ne paient rien.

- le 18/3/1834, le Comité communal d’instruction primaire est constitué. Il se compose de : Maurey, maire, Orain, desservant la chapelle mariale, Lisfranc de Saint-Martin, nommé par le Comité supérieur d’instruction primaire, Dauchelle, instituteur.

- le 18/8/1833, pour changer le mobilier, il est demandé une subvention au préfet. Le devis du menuisier se monte à 224F.

- en 1837 la Duchesse d’Orléans fait la tournée des écoles élémentaires et adresse au sous-préfet 200F. Sur cette somme « formant l’objet de la munificence de la princesse » l’école de Villemoisson reçoit 50F qui seront en partie distribués aux jeunes filles de l’école et le surplus employé en acquisition de livres pour les enfants pauvres.

- le 15/8/1841, la rétribution scolaire est fixée à 1F pour les petits enfants, à 1,50F pour ceux qui écrivent, à 1,75 pour ceux qui apprennent l’arithmétique et le dessin linéaire.

- le 15/5/1843, le traitement de l’instituteur est fixé à 200F avec un supplément de 50F.

- le 25/5/1845, pour renouveler le mobilier, il est demandé un secours au préfet. Le devis se monte à 331F.

- le traitement de l’instituteur est fixé à 200F.

- le 9/5/1847, le conseil vote une somme de 1200 F et une demande d’un secours de 1000F pour agrandir l’école et fournir à l’instituteur un logement plus convenable puisqu’il n’a qu’une pièce pour y coucher et faire la cuisine

- le 10/5/1847, Le comité après avoir pris connaissance de la délibération du conseil municipal et du plan et devis dressé par M. Laroche, architecte de la sous-préfecture, demande que l’agrandissement soi exécuté le plus tôt possible. Il émet le vœu qu’il soit accordé un secours à la commission pour subvenir avec l’imposition extraordinaire votée par le conseil municipal et les plus imposés aux dépenses à faire pour l’objet dont il s’agit.

- le 14 mai 1848, la rétribution scolaire est fixée à 1,75F pour les enfants de 6 ans et au-dessus, à 1.25 f pour les enfants au dessous de 6 ans. 2 enfants sont admis gratuitement.

- le 9/8/1848, M. Paul-Alexis Lisfranc de Saint-Martin donne 35 m² de terre pour l’agrandissement de l’école.

- le 12/4/1849, le Conseil accepte un legs de M. Lisfranc de Saint-Martin d’une rente annuelle et perpétuelle de 100F pour augmenter le traitement de l’instituteur.

- le 16/9/1849, demande d’une subvention de 990F pour les travaux supplémentaires d’amélioration et d’assainissement de l’école.

- le 16/2/1851, le Conseil assure à l’instituteur un traitement minimum de 600 F y compris la rétribution scolaire.

- le 18 mai 1856, le traitement de l’instituteur est fixé, y compris la rétribution scolaire, à 600 F avec un supplément de traitement de 160F.

- le 19/2/1860, la rétribution scolaire st fixée à 2 F pour les enfants de 6 ans et plus, à 1,50F pour les moins de 6 ans. Le traitement de l’instituteur est porté à 852,75F.

- le 18/5/1862, le traitement de l’instituteur est fixé à 800F avec un supplément de 310F. Il y a 35 élèves : 15 garçons, 20 filles.

- le 10/8/1862, création de la bibliothèque scolaire.

- le 30/5/1869, le traitement de l’instituteur est fixé à 900F avec un supplément de 300F. Traitement de la maîtresse de couture 100F. Il y a 41 élèves : 18 garçons, 23 filles.

- le 28/5/1875, établissement du cours d’adultes. Vote de 50F d’indemnité à l’instituteur.

- le 18/5/1873, Le traitement de l’instituteur est fixé à 1000F.

- le 14/2/1875 acquisition du terrain pour la construction d’une nouvelle école

 

 

                                                   Document Archives départementales de l’Essonne

                                                   Monographie de Villemoisson par M. Guérin - 1899

 

La photographie ci-dessus illustre la monographie de M. Guérin et représente l’école dans l’état où elle était en 1899. Cela en est probablement la plus ancienne image connue.

 

La reproduction est mauvaise, mais sur la photographie qui est aux Archives départementales de l’Essonne, on lit au dessus de la porte du petit bâtiment du fond le mot ECOLE et au dessus de la porte battante au centre de l’autre construction (aujourd’hui remplacée par une fenêtre) l’inscription POMPE A INCENDIE qui reste d’ailleurs toujours en partie apparente. Les anciens se souviennent qu’au dessus de la petite porte du deuxième bâtiment figurait le mot MAIRIE. Le portique accroché au mur de droite servait à l’entraînement des pompiers. Au fond, à droite, on devine le pont de chemin de fer et son reflet dans la rivière.

 

La création d’une compagnie de sapeurs-pompiers et l’acquisition d’une pompe à incendie datant de 1876, c’est probablement de cette époque que date l’ouverture de la porte dont il vient d’être question. Une fenêtre la remplace aujourd’hui, mais les murs gardent la trace de l’ancienne ouverture du local qui abritait la pompe à bras.

 

L’environnement, aussi, était tout autre qu’aujourd’hui. En face, le hangar en tôles ondulées, éternellement sans doute « provisoire » du service d’entretien municipal ne faisait pas partie du paysage, pas plus que l’ancienne mairie devenue un moment conservatoire de musique, ni que le transformateur d’électricité, son petit jardin et son banc. Sans dossier. Pas de salle des fêtes non plus. Sur les toits il n’y avait ni chien assis ni Vélux. On n’avait pas inventé les bandes de circulation pour piétons ni les poteaux téléphoniques et électriques. Les niveaux des sols et d’enterrement des constructions étaient différents.

 

un lieu de patrimoine exceptionnel

 

Alors que tous les jours d’aujourd’hui voient un peu plus du passé de Villemoisson disparaître au nom d’une restructuration sans doute nécessaire, il serait sans doute intéressant de redonner un parfum d’histoire à la façade de ce qui est le plus ancien immeuble civil du vieux village et probablement de toute la région. Il est vraisemblable que nous avons là, à Villemoisson, un très rare exemple de ce qu’était au dix-neuvième siècle la mairie école d’un petit village rural de Seine-et-Oise. Malheureusement, si l’indifférence et l’ignorance ont réussi jusqu’à maintenant à sauvegarder le bâtiment, les mêmes causes produisant aujourd’hui des effets contraires, on le voit petit à petit s’effriter et partir en lambeaux.

 

Un ravalement à l’ancienne et le retour des inscriptions de 1899 sur la façade : MAIRIE, ECOLE, POMPE A INCENDIE, un peu de ménage à l’extérieur devraient y suffire. Il serait parfait de supprimer le chien assis de la petite école. Mais n’en demandons pas trop.

 

Les enfants des écoles, sous la conduite de leurs maîtres, pourraient alors venir là évoquer le passé et prendre sur le tas une leçon d’histoire. Comme les adultes à l’occasion des journées du patrimoine, par exemple. Cela éviterait aussi peut-être de voir qualifier notre ancienne mairie et notre ancienne école de « deux petites échoppes », comme on a pu le lire sur le tract d’une association qui se dit préoccupée d’environnement.

 

Tout cela serait peu coûteux et n’empêcherait nullement le local en question de continuer à avoir un rôle utilitaire en servant de dépôt de matériel comme aujourd’hui.

 

l’arrivée du chemin de fer

 

En 1832 la ligne de chemin de fer n’existait pas. Un changement total dans le paysage est intervenu en 1843 par l’achèvement de la construction de la ligne Paris-Orléans, et particulièrement des deux viaducs, celui sur l’Yvette et celui, à cinq arches, sur l’Orge.

Le journaliste de l’Illustration qui a fait le voyage d’inauguration dit ainsi ses impressions : « … mais rien ne peut rendre le coup d’œil dont on jouit en passant sur ces viaducs : on domine de là deux vallées fraîches et remplies de beaux arbres, de ces belles fleurs qui se plaisent tant au bord de l’eau, et l’œil suit au loin tous les caprices de la rivière, dont le cours sinueux offre à chaque instant un point de vue nouveau. »

                             Illustration : Edouard Petit et Georges Lamy - Jean Lavenir  1894

 

 

En sortant de l’école, l’écolier de Villemoisson de 1845 devait avoir un autre point de vue que le chroniqueur, point de vue qui devait être très proche de celui donné par la photographie ci-contre, prise près de cent ans plus tard d’un endroit proche de l’école.

 

L’enfant se voyait privé d’une partie du paysage où il avait sans doute ses repères. En revanche, pendant les cours, au passage des trains, en entendant le sifflet de la locomotive, le bruit saccadé des roues sur les rails, l’échappement de la vapeur, il devait surtout rêver de voyages dans les pays lointains dont lui parlait le maître.

 

 

 

le désaccord avec le pouvoir

 

Mais là n’est sans doute pas l’essentiel. Qui est certainement ce qui se passait à l’intérieur. Et dont le compte rendu qui suit, nous donne une idée en nous transportant dans un passé qui nous semble à la fois lointain et tout proche.

 

Délibération du conseil municipal de Villemoisson-sur-Orge du 15 août 1845

 

- lecture d’une lettre du Préfet engageant le conseil municipal à voter des fonds pour ajouter des dossiers aux bancs des écoles.

 

- considérant que :

 

 la proposition de l’inspecteur est une innovation qui serait fort gênante pour les enfants, le dernier entrant en classe si sa place était à l’extrémité du banc et même au milieu serait obligé de faire déranger le premier arrivé pour prendre la place qui lui est assignée, qu’il en serait de même si pendant la classe l’enfant avait besoin de sortir

 

qu’il y a danger à force de vouloir améliorer de faire des innovations qui ne sont d’aucune utilité pour le bien-être des enfants et pour leur instruction tendent à augmenter les charges considérables imposées aux communes pour l’instruction primaire

 

qu’au lieu de faire de la théorie dans leur cabinet Mrs les inspecteurs devraient bien plutôt s’appliquer à connaître par de plus fréquentes inspections les besoins des écoles notamment celles des communes rurales, s’enquérir du mode d’enseignement qui s’y pratique, donner aux jeunes instituteurs les conseils dont beaucoup d’entre eux ont besoin et proposer des modifications que l’expérience a démontrée être nécessaires à la loi sur l’instruction primaire.

 

Le conseil n’approuve pas la proposition, et refuse de voter une dépense complètement inutile.

 

On sent bien, à la lecture du document, que l’aspect technique de la question (dossiers ou pas dossiers) n’est pas seulement ce qui oppose Monsieur Maurey au pouvoir central et à ses représentants. Il est dommage que le conseil ne précise pas par plus de détails ses revendications, mais on peut imaginer les motifs de la fronde en face d’un pouvoir qui ajoutait règlements aux règlements, instructions aux instructions, inspections aux inspections, rapports aux rapports, sans apporter ni crédits ni subventions.

 

Par exemple, le maire devait se souvenir que la Convention, le 27 Brumaire de l’an II (17 novembre 1794) avait décidé d’établir une école pour mille habitants et de faire payer les instituteurs par l’Etat. Mais il savait bien qu’il n’en avait jamais rien été et que c’était les communes et les parents qui payaient le maître. Ce qu’il n’a jamais su, parce qu’il est mort cinquante ans trop tôt, que c’est seulement à partir de 1889 (Jules Ferry + 8) que les salaires des enseignants ont été pris en charge par le Trésor Public.

 

Il savait aussi que c’était de la propre initiative de la municipalité et parce qu’il avait donné le terrain qu’on avait construit en 1832 une école, que beaucoup de communes aussi petites comme plus importantes n’en avaient pas fait autant.  que c’était seulement en 1833 que Guizot, ministre de Louis-Philippe, roi des Français, avait, en instituant l’obligation d’ouvrir une d’école primaire publique pour les garçons, publié des ordonnances qui soumettaient aux maires des plans types et des devis pour leur épargner les coûteux frais d’architecte. Un an trop tard. Et probablement inadaptés.

 

le point de vue officiel

 

Pour nous aider par l’esprit à nous transporter en 1845 derrière les murs de notre petite école on a peu d’écrits. Si, l’école républicaine de Jules Ferry, la laïque, la gratuite, l’obligatoire, fait l’objet d’une abondante littérature, il n’en est pas de même de celle qui l’a précédée : royale, religieuse, payante et facultative. La même chose pour l’iconographie : rares gravures d’un côté, nombreuses photographies de l’autre.

 

En revanche, on a des documents officiels, comme ce « Tableau actuel de l’instruction primaire présenté au Roi par M. Villemain, Ministre de l’instruction publique » daté de novembre 1841, donc très proche de l’époque qui nous concerne et qui de plus, émane de l’administration dont les inspecteurs irritent tant Monsieur Maurey. Ce rapport nous apprend beaucoup de choses sur l’époque. Evidemment, comme beaucoup de documents de cette nature, d’hier comme d’aujourd’hui, il a tendance à pratiquer l’autosatisfaction, et ne nous donne que le point de vue ministériel. Mais il est facile à lire, fait le tour de question, et nous fait vivre les premiers pas, déjà assurés, du bébé mammouth.

 

Le texte est en entier et en V.O. sur le site des ressources numériques de la B.N.F, où le visiteur intéressé pourra le trouver. Pour ceux qui se contenteront d’un échantillon nous en avons fait un résumé que nous avons séparé de cette page pour ne pas faire du tout un monstre. Pour le consulter et revenir ici ensuite on peut cliquer ci-après sur : 

 lire le rapport >>>   et revenir ensuite ici en cliquant sur la flèche de retour à la page antérieure. On peut aussi attendre pour le faire d’avoir lu en entier cette première page.

 

Les spécialistes, qui ont sérieusement étudié la question, nous apprennent que c’est vraiment à partir du milieu du dix-neuvième siècle que l’on a commencé à se préoccuper sérieusement d’architecture scolaire, par exemple quand Lecullée a dessiné une école rurale très simple avec une classe centrale encadrée par deux cours, l’une pour les filles et l’autre pour les garçons, l’instituteur surveillant de son estrade les latrines. C’est seulement en 1879 que le ministère Jules Ferry a institué une commission des bâtiments et du matériel scolaire composée de vingt membres, et qui n’a jamais formulé que des recommandations très générales.

 

sur le chemin de l’école

 

Mais, en revenant par la pensée en 1845, on aimerait pouvoir s’imaginer avec assez d’exactitude ce qu’étaient les journées des petits Villemoissonnais d’alors. Mais ce n’est pas facile. On a beaucoup de récits, de dessins et d’images photographiques sur l’école républicaine de Jules Ferry et surtout du début du vingtième siècle avec son folklore : l’encre violette, les encriers, les plumiers, le papier-buvard, les doigts pleins d’encre, les cahiers, le tableau noir, l’ardoise, les bons points, la retenue, le bonnet d’âne, le tablier, etc. Mais la période qui nous intéresse est beaucoup moins riche en documents et l’on sait que parmi toutes les choses qui viennent d’être évoquées beaucoup n’avaient pas encore vu le jour.

 

Ceux qui savent nous disent que le chemin de l’école était une épreuve autant morale que physique pour l’enfant qui devait parcourir à pied des kilomètres à pied dans le froid, la bise, la pluie ; la neige, la boue. Sans doute ; mais les enfants de Villemoisson semblent de ce point de vue avoir été privilégiés, car on avait eu la bonne idée de situer l’école au centre du pays et que celui-ci n’était pas bien grand. Sabots aux pieds, gibecière sur l’épaule pour les livres, panier au bras pour le goûter ou le repas, la bûche en hiver pour contribuer au chauffage, la charge était lourde. Mais on devait faire le chemin avec les copains et, hier comme aujourd’hui, on devait avoir des choses à se dire, des plaisanteries à faire, des histoires à se raconter qui devaient écourter la route. Et peut-être aussi, dans le dos du maître, à la rencontre entre ceux qui venaient de l’est, de la Ferme, et ceux qui venaient de l’ouest, des Franchises, quelques croche-pieds et autres agaceries.

 

le maître d’école

 

On sait qu’il devait y avoir dans la classe, en hiver quand ils étaient tous présents, entre trente et quarante d’enfants. L’instituteur, en 1845, s’appelait Pierre-Alphonse Thorillon, et il avait 24 ans.

 

Victor Chaudun a eu la bonne idée de faire la liste des maîtres et on note que la plupart de ceux qui ont exercé le métier à Villemoisson entre 1832 et 1845 ont à peine plus de vingt ans, jeunesse d’ailleurs soulignée dans le compte rendu municipal de 1845. On note aussi que six maîtres se sont succédés pendant cette période. Ce qui semble beaucoup. Question d’argent ? C’est possible.

 

En 1847, Ludovic Lachaut, successeur d’Alphonse Thorillon, recevait 200 francs de salaire de la commune, et des parents, par mois et par élève 1,25 frcs pour les moins de 6 ans, 1,75 frcs pour les plus de 6 ans. Un certain nombre d’enfants étaient exonérés de paiement. Mais le maître pouvait aussi avoir d’autres revenus, comme Dauchelle, le premier instituteur de la nouvelle école, qui était aussi chantre à l’église et qui, à ce titre, a touché 30 francs de la commune en 1834.

 

On notera également que le rapport ministériel de Monsieur Villemain de 1841, lorsqu’il envisage une amélioration de la situation matérielle des instituteurs, considère ce chiffre de 200 francs comme le minimum. Quand on considère que c’était encore ce qu’on gagnait à Villemoisson en 1847, on ne pas situer la commune parmi les plus généreuses, mais au contraire parmi celles qui pratiquaient « l’extrême parcimonie » dont parle le ministre.

 

sur les bancs

 

A l’intérieur de la classe de Villemoisson, on peut, sans risque de se tromper, affirmer que la lumière ne devait pas couler à flots. On devait aussi à certains moments s’y serrer sur ces fameux bancs quand on sait que certaines années, comme en 1869, il y avait là 41 élèves.

 

On ne sait quelle méthode d’enseignement pratiquait notre jeune instituteur, si c’était la méthode individuelle que n’utilisaient plus, tout au moins d’après le ministre, que les anciens, l’enseignement simultané ou la méthode mixte. Certainement pas l’enseignement mutuel pour un aussi petit nombre d’élèves.

 

Ce qu’on peut affirmer, c’est qu’il y avait sur la question des méthodes un certain désaccord entre le maire et le pouvoir central, et aussi sans doute entre le maire et l’instituteur, quand on lit que le conseil municipal du 15 août 1845 demande aux inspecteurs, qu’ils feraient mieux, au lieu de rester le derrière vissé sur leurs chaises, de :

 

« s’enquérir du mode d’enseignement qui s’y pratique, donner aux jeunes instituteurs les conseils dont beaucoup d’entre eux ont besoin et proposer des modifications que l’expérience a démontrée être nécessaires à la loi sur l’instruction primaire. »

 

C’est un point sur lequel on aimerait en savoir plus.

 

Pour ce qui est des matières qui étaient enseignées, il y avait en premier l’instruction morale et religieuse, puis ensuite la lecture, l’écriture, des éléments de langue française et de calcul, le système légal des poids et mesures. Dès l’âge de 8 ans, l’écolier était simultanément initié à la physique, à la cosmographie, à la géologie, aux sciences naturelles, à l’hygiène, à l’agriculture, à la botanique.

 

le point de vue du journaliste

 

A la suite de toutes ces opinions officielles à tous les niveaux de la hiérarchie politique : du ministre au maire en passant par le préfet et son inspecteur, il peut être intéressant de donner le témoignage de M. M.J. Lecœur, correspondant en Basse-Normandie de l’Illustration, journal universel. On y trouvera sans doute matière à d’autres réflexions.

 

C’est en 1856 que M. Lecœur a envoyé le texte qui va suivre à son journal en l’accompagnant d’un croquis à partir desquels le graveur de service a réalisé l’excellente image qui illustre l’article.

 

rentrée des classes au village -  L’Illustration 1856

 

Monsieur le Directeur de l’Illustration,

 

Il s’agit dans ce croquis d’une troupe d’écoliers campagnards allant, sous la conduite sévère d’un important et grave magister, assister, conformément à l’usage antique, à la messe du Saint-Esprit que l’on célèbre à leur intention quelque temps après la rentrée aux classes.

 

Cette intervention de l’Esprit saint ne paraît pas, dans la circonstance rigoureusement indispensable, car l’instruction est très-circonscrite, très-élémentaire dans nos campagnes. D’ordinaire elle commence à six ou sept ans pour être irrévocablement achevée à onze ou douze ans : lire couramment, déchiffrer cahin-caha quelque vieux parchemin moisi, écrire passablement, sans trop de soucis des règles de la grammaire, pratiquer les trois première règles de l’arithmétique ; voilà le nec plus ultra des connaissances à acquérir auxquels d’aucuns, jaloux de remporter dans leur village la réputation de savants profonds, joignent les premières notions de l’arpentage et la connaissance de la quatrième règle, cet écueil où viennent échouer tant d’intelligences moins bien douées.

 

La méthode employée par le maître pour faire entrer cette masse de science dans la tête des jeunes gaillards confiés à son savoir est simple et néanmoins efficace : des volées de coups de férule administrées à doses fortes et multipliées, agréablement mitigées par la retenue, la réclusion ou le tir violent des oreilles : - n’est-ce pas assez pour triompher des natures les plus rebelles ?- Aussi, ce mode d’instruction est-il généralement suivi, surtout par les vieux maîtres, entêtés dans la routine.

 

La fréquentation de l’école est déjà pour les enfants des campagnes un assez rude apprentissage de la vie, l’hiver surtout ; faire matin et soir une assez longue course, souvent de plus d’une lieue, par des chemins défoncés, remplis de flaques d’eau, d’amas de neige, ou verglacés ; arriver à la classe trempé de pluie, morfondu par le froid, subir ensuite les aménités d’un maître dur et impitoyable ; n’avoir pour maigre pitance qu’un morceau de pain, parfois sec, parfois accompagné d’un peu de lard ou de quelques fruits ; une épaisse et dure galette de sarrasin ou un morceau de bouillie froide : voilà ce qu’est pour nos petits paysans la vie de l’école. Malgré tout, il n’en sont pas moins robustes, allègres gais, et ces heureuses années de la jeunesse tant regrettables, ces fraîches matinées, ces riantes et splendides relevées, si bien passées à buissonner aux champs, à courir dans les taillis, les prés, apparaissent toujours, à mesure qu’elles s’éloignent, et plus douces et plus lumineuses.

 

J’ai l’honneur d’être, etc.

                                                                                            L.J.

 

retour sur les bancs

 

Pour en revenir aux fameux bancs, à l’origine de cette page, on peut affirmer qu’ils étaient d’une certaine longueur puisque le compte rendu fait allusion à des rangées d’enfants. On sait aussi qu’ils ne comportaient pas de dossiers. Mais, quand on regarde les gravures de l’époque, on constate que même dans les écoles riches et encore bien plus tard qu’en 1845 il n’y avait pas de dossiers aux bancs.

 

Comme dans cette très intéressante gravure qui date de 1872 et qui montre une classe en Franche-Comté. L’école se fait encore dans le logement du maître. On voit au fond de la pièce tout son mobilier : un lit, un coffre.

Le mobilier scolaire consiste en une double table à dix places en vis-à-vis, un tableau noir, des tableaux de lecture au mur. Les bancs n’ont pas de dossiers. Les garçons et les filles ne sont pas mélangés. Ils ont de quoi écrire et lire. Un tambour et un drapeau pendent du plafond, Un pantalon est accroché au mur. Une croix aussi. Un chien assiste aux cours. Le poêle et la réserve de bûches soulignent la dureté des hivers. Sur le tableau on lit le début de l’énoncé d’un problème d’arithmétique : « L’Etat donne à l’instituteur de Quarserett 38 fr par mois pour se nourrir et se… »

 

 

 

 

 

Des images un peu plus récentes nous montrent des salles plus éclairées, des rangées de pupitres les uns derrière les autres face au bureau du maître sur une estrade. Mais toujours pas de dossiers.

 

Les spécialistes  nous disent d’ailleurs, que les préoccupations au corps : hygiène (chauffage, luminosité, toilettes) et santé (myopie, scoliose) ne sont vraiment venues s’imposer qu’à la fin du 19è siècle.

En ce qui concerne les dossiers (un peu plus hauts pour les garçons que pour les filles recommande un manuel d’hygiène scolaire de 1875) ils semblent bien être arrivés dans les classes lorsque les tables à deux places sont venues remplacer celles à cinq ou à trois places. Ainsi, il est vraisemblable que la petite école de Villemoisson ne les a jamais connus.

 

 

 

                                                                                                                   Illustrations. : A  l’encre violette, Clive Lamming, Editions Atlas

 

Pas plus d’ailleurs que la nouvelle école de Villemoisson achevée en 1879 et construite là où se trouvait l’ancienne mairie. Tout au moins dans les premières années. C’est l’idée qu’on en a lorsqu’on consulte le dossier préfectoral de construction de l’école et qu’on regarde la plan de cette école établi par M. Guérin en 1899 et joint à la monographie dont il a été question plus haut.

 

                     

                                                                     Archives départementales de l’Essonne Monographie de M. Guérin

 

S’il faut en croire ce que mentionne un rapport de l’Inspecteur de l’Instruction publique de Corbeil daté du 1/1/1876, la nouvelle école avait bien des défauts. Il notait que deux portes placées l’une en face de l’autre, à l’est et à l’ouest, établissaient un courant d’air peu hygiénique pour les enfants comme pour l’instituteur, que le volume d’air n’était pas conforme à la réglementation et aussi que l’instituteur ne pouvait de l’intérieur surveiller les lieux d’aisance dont les cabinets étaient adjacents. Le maire, quant à lui, pensait que malgré tous ses défauts, cette nouvelle école constituait un progrès considérable.

 

Plus tard, en 1901, le préfet devait la faire fermer un certain temps, estimant qu’il y avait danger pour les enfants, des fissures étant apparues sur les murs. Le maire, là non plus, n’était pas d’accord avec les autorités préfectorales.

Mais ceci est une autre histoire. Celle d’une autre école qu’on nous dira peut-être un jour.

 

le point de vue des instituteurs

 

         savigny-sur-orge

 

La plupart des maîtres d’école dans leurs monographies datées de 1899 nous disent généralement qu’ils sont satisfaits des installations et du matériel mis à leur disposition. Et parfois ils nous donnent des détails, comme celui de Savigny-sur-Orge, village voisin de Villemoisson, M Auguste Pacifique Vadier, qui, à partir des inventaires dressés par ses prédécesseurs, nous raconte l’évolution du matériel scolaire.

 

Ainsi, on apprend qu’à Savigny, de 1833 à 1847, pour 60 à 70 élèves il y avait dans la classe de l’époque 4 tables et 12 bancs dont 6 petits et 6 grands, que les grandes tables pouvaient recevoir 6 élèves chacune et qu’elles étaient mal faites avec des bancs sans dossier.

 

De 1847 à 1883, dans la nouvelle école de la rue de l’Eglise il y avait 9 grandes tables et 6 plus petites. Les bancs étaient encore sans dossier.

 

En 1899, dans sa propre école, avec deux classes en activité, Monsieur Vadier a compté 47 tables à deux places avec dossier et barre d’appui, 2 bustes de la République, un compendium métrique et bien d’autres choses dont on aura la liste en allant consulter la version image de la partie de sa monographie consacrée à l’instruction publique et qui est à l’adresse indiquée plus loin au chapitre des sources et ressources.

 

 

         chilly-mazarin

 

L’instituteur des garçons de Chilly-Mazarin (456 habitants), M. Poilly, lui aussi, se dit satisfait : sa classe de 40 m² est parfaitement éclairée et aérée, les murs et les plafonds sont peints à l’huile, le mobilier est complet et en bon état. Pourtant, la photographie qui accompagne son texte laisse apparaître un certain retard sur ses voisins et aussi quelques différences avec eux.  D’abord, le crucifix qui, au dessus du tableau, étonne, et les bancs qui sont ici sans dossiers et à plus de deux places, au moins trois.

 

 Sur le tableau on lit mal ce qui est écrit, mais sur l’image originale on devine les mots « Août » et « Vacances ».

 

 

 

 

 

 

 

 

         villebon-sur-yvette

 

A Villebon (790 habitants, 765 Français, 25 étrangers) c’est Monsieur Chapelle qui, en 1899, faisait la classe aux garçons tandis que sa femme instruisait les filles. Sa monographie a l’originalité d’être abondamment illustrée par quelqu’un qui avait le sens de la mise en image. La photographie qui suit nous montre la classe des filles avec son institutrice. Madame Chapelle, une fort belle femme en apparence, la baguette dans une main, la craie dans l’autre venant d’écrire au tableau la formule : « l’école est l’apprentissage de la vie » , une salle bien éclairée, bien équipée, et trois rangées de fillettes attentionnées.

 

                                       

                                                                                        Archives départementales de l’Essonne

 

Là, aucun doute les tables étaient, en mai 1899, à deux places et elles étaient munies de dossiers. Construite en 1898, c’était sans doute à l’époque une des plus belles écoles du département.

 

 

paroles de hussards

 

Comme au temps de Péguy, il est souvent habituel de présenter encore les maîtres, pionniers de l’école Jules Ferry, comme les « hussards noirs de la République ». Noirs, ils l’étaient sans doute, des pieds à la tête, barbe comprise, dans l’apparence d’uniforme que leur donnait le port de la redingote. Comme M. Chapelle à Villebon en 1899, représenté ci-contre.

 

 Républicains, évidemment, ils l’étaient aussi. En revanche, « Hussards » dans le sens qu’on attribue aujourd’hui au qualificatif, ne semble pas convenir à l’impression qui ressort à la lecture des monographies de 1899. On n’y trouve aucune violence, mais au contraire beaucoup de modération allant parfois jusqu’à la plus grande neutralité. Rien de militaire en tout cas. Le militantisme républicain n’est guère offensif et quand M. Chapelle a quelque chose à revendiquer il se préoccupe assez peu d’emprunter la voie hiérarchique comme le ferait tout hussard discipliné :

 

On jugerait mal les résultats de l’application de la loi de 1882, si on pensait qu’elle n’a servi qu’à diminuer le traitement des maîtres.

 

Cette loi a introduit dans nos écoles une organisation pédagogique remarquable ; elle a rendu l’instruction gratuite, en même temps qu’obligatoire, voulant ainsi préparer à la France des citoyens instruits, capable de la défendre et de la servir.

 

Enfin, si la nouvelle loi n’a pas pu encore assurer à l’instituteur un traitement en rapport avec la place qu’il occupe, rappelons-nous que le gouvernement de la République a su donner aux membres de l’enseignement primaire une situation indépendante.

 

L’instituteur doit espérer en l’avenir de ce gouvernement qui a fondé partout des écoles et organisé le véritable enseignement national.

 

                                                                Monographie de 1899 - Villebon –M. Chapelle

 

chronologie sommaire du XIXè siècle

 

La chronologie qui suit sera sans doute de la plus grande utilité à ceux qui préparent leur passage à Questions pour un champion ou à Qui veut gagner des millions ? mais elle est surtout destinée à servir d’aide-mémoire au visiteur qui aurait oublié quelque détail de l’histoire fort mouvementée de notre dix-neuvième siècle.

 

1812  Campagne de Russie  Création de l'industrie sucrière (betterave)

1814  Abdication de Napoléon - Première restauration (05/04) - Règne de Louis XVIII  - Charte Constitutionnelle (04/06) - Laennec découvre l'auscultation immédiate (stéthoscope)

1815  Waterloo - Les cent-jours (23/03) - Seconde restauration (08/07) - Congrès de Vienne

1821  Création de la première ligne de chemin de fer (Angleterre)

1824  Mort de Louis XVIII -Règne de Charles X (16/09) 

1830  Prise d'Alger (04/07) - Les Trois glorieuses (27-28-29/07) - Monarchie de juillet (09/08), règne de Louis-Philippe, roi des Français

1831 Révolte des Canuts (21 et 22/11) - Société royale d'Agriculture, sciences et arts - Découverte du chloroforme par Liebig, Guthrie, Soubiran  Construction d’une Ecole à Villemoisson-sur-Orge

1833  Loi sur l'instruction primaire (Guizot) -

1835  Création de l'agence Havas -  Braille définit le système d'écriture pour les aveugles - Fabrication de la seringue de Pavaz

1836   Inauguration de la ligne ferroviaire Paris / Saint-Germain-en-Laye - Inauguration de l'Arc de Triomphe à Paris

1837 La Duchesse d’Orléans rend visite à l’école de Villemoisson-sur-Orge

1840  Premiers établissements français à Madagascar (1840-1841) - Premier Banquet Communiste - Institut des Provinces - première moissonneuse par McCormick

1842  Création du réseau des chemins de fer

1843  Prise de la Smalah d'Abdel Kader -  Création de L'Illustration par Paulin  Inauguration de la ligne de chemins de fer  Paris-Orléans

1847  Agrandissement de l’école de Villemoisson-sur-Orge

1848  Journées révolutionnaires (février) - Deuxième République (25/02) - Abolition de l'esclavage (27/04) - Journées révolutionnaires de juin - Présidence de Louis-Napoléon Bonaparte (10/12) - École d'Administration - - Ruée vers l'or en Californie

1849  Premier timbre-poste français

1850  Loi Falloux sur l'enseignement -

1851  Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte (02/12) -  Construction des Halles de Paris par Baltard (1851-1858)

1852   Second Empire (02/12), règne de Napoléon III (1808-1873) - Création du Bon Marché (Boucicaut), du Crédit foncier et du Crédit mobilier (les frères Pereire) - Premier aéronef à moteur

1853  Annexion de la Nouvelle-Calédonie - Début des grands travaux d'Haussmann (1809-1891) - Organisation des Conseils des Prud'hommes - Découverte de l'aspirine par Charles Gerhardt

1864  Rétablissement du droit de grève (Loi E. Ollivier) - Fondation de la Première Internationale (Association Internationale des Travailleurs) - Première automobile à essence - Convention de Genève : création de la Croix rouge internationale

1870  Guerre franco-allemande (01/08) - Défaite de Sedan (02/09) - Troisième République (04/09) - Gouvernement de la Défense nationale

1871  Commune de Paris (18/03-28/05) - Traité de Francfort et cession de l'Alsace et de la Lorraine Présidence d'Adolphe Thiers

1872  T. Adams invente le chewing-gum  Etablissement d’un cours d’adulte à Villemoisson-sur-Orge

1873  Présidence du maréchal de Mac-Mahon (1808-1893) - Georg Cantor, théorie des Ensembles - Remington  invente la machine à écrire

1879  Présidence de Jules Grévy - Louis Pasteur découvre le principe du vaccin - École Normale primaire - Établissement du 14 juillet comme fête nationale et la Marseillaise comme hymne national

1881  Protectorat sur la Tunisie - Gratuité de l'école primaire - École normale supérieure de Jeunes filles

1882  Lois Jules Ferry sur l'enseignement primaire laïque et obligatoire

1884 Lois sur la liberté syndicale, le divorce et les communes - Automobile à vapeur De Dion-Bouton Invention de la poubelle par le préfet du même nom - Waterman invente le stylo à réservoir

1885  Chute du gouvernement Jules Ferry après la défaite de Long-san au Tonkin (28/05) Peugeot lance le vélocipède

1888  Inauguration de l'Institut Pasteur - Premier emprunt russe Dunlop invente le pneumatique

1889  Deuxième Internationale - Faillite de la compagnie du canal de Panama - Exposition universelle à Paris, inauguration de la Tour Eiffel

1892  Vague d'attentats anarchistes (1892-1894)

1894  Présidence de Jean Casimir-Perier) - Affaire Dreyfus (1894-1906) - Michelin met au point le pneu à chambre

1895  Présidence de Félix Faure (1841-1899) - Roëntgen découvre les Rayons X (Allemagne) - Première séance publique de cinéma par les frères Lumière (Paris) - Création de la CGT

1896  Projet du métro parisien par Bienvenüe - Première Olympiade à Athènes - Invention de la TSF par Marconi

1900  Exposition Universelle à Paris Ouverture de la ligne n°1 du Métropolitain -

                                                                                                                                            

 

 sources et ressources

 

Le complément indispensable à cette page est, comme il a été dit plus haut, la lecture du rapport du ministre de l’instruction publique, Monsieur Vuillemain. Si le visiteur ne l’a déjà fait, il peut y accéder maintenant ici en cliquant sur :

lire le rapport >>>.  

 

Un autre complément indispensable est la monographie de Villemoisson écrite par M. Guérin en 1899. On en trouvera une copie aux Archives départementales de l’Essonne à Chamarande mais aussi beaucoup plus rapidement sur les pages de ce site où elle est reproduite dans son intégralité. Pour cela, il suffit de demander ici  >>> la monographie de l’instituteur .

 

Une autre monographie d’un tout autre style que celle de l’instituteur de Villemoisson est celle du maître d’école des garçons de Savigny-sur-Orge qui, dans l’extrait qui en est donné en mode image, nous fait part de la façon dont il concevait sa mission. On peut accéder à cette monographie de Savigny ici >>>

 

Le dossier préfectoral de la construction de l’école de 1876 est également aux Archives départementales.

 

Au sujet de Villemoisson, trois livres sont à lire :

 

Villemoisson en Hurepoix de Victor Chaudin (1949) qui vient d’être réédité (Livre d’Histoire Paris)

Villemoisson-sur-Orge d’Audigié et Bertron aux Editions Amattéis de Dammarie-les-Lys

Pour ce qui est de l’école du passé, un très beau livre, abondamment et richement illustré, est celui de Mr Clive Lemming : A l’encre violette , un siècle de vie quotidienne à la communale, aux Editions ATLAS (1990).

 

Sur Internet, de nombreux sites administratifs, universitaires et perso traitent de l’histoire de l’enseignement. Ces pages parlent le plus souvent de l’école républicaine, celle d’après Jules Ferry, mais peu de celle qui nous concerne ici : celle de Guizot et d’avant Guizot.

 

Il existe aussi, sur des sites communaux et perso, des monographies de villes ou de villages où l’on trouve des histoires d’écoles, des photographies et des plans qui évoquent un peu partout les mêmes problèmes qu’à Villemoisson. On y voit souvent les notables locaux du XIXè siècle participer activement et financièrement au développement de l’instruction publique. On y assiste aussi à des affrontements entre les communes et le pouvoir central et pas seulement sur des problèmes mineurs. On pourra aller voir, par exemple, la très intéressante monographie sur le village de Dours dans les Hautes-Pyrénées à l’adresse suivante : :http://www.dours.com/viecommunautaire.html#_ftn90

 

La chronologie qui figure ci-dessus a été en grande partie empruntée à celle de la B.N.F

 

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édition du 10 juillet 2006

 

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