une si jolie

petite chatte

 

 

 

 

 

 

Elle est entrée sans se faire voir  et elle s’est couchée sur le dos sans que je lui demande rien. Je lui ai caressé le ventre un moment.  Mais subitement elle s’est redressée, et elle s’est enfuie.

 

J’ai cru qu’elle avait eu peur. Pas du tout. Elle se jouait de moi. Elle avait fait le tour de la maison par le jardin et je l’ai retrouvée sur la terrasse qui m’attendait. Le soleil commençait à se coucher sous un ciel nuageux.

 

Elle a commencé à me tendre la patte pour m’inviter à jouer avec elle.

 

 

Puis elle s’est immobilisée sur le derrière en scrutant le ciel. J’ai cru qu’elle y cherchait la lune ou qu’elle suivait le mouvement des nuages poussés par le vent ou qu’elle voulait me montrer combien elle était belle.

 

 

 

Mais, quand elle s’est levée et immobilisée, prête à bondir, tous les sens en alerte, et que j’ai entendu les oiseaux piailler sur le toit de la maison j’ai compris que ce n’était pas au paysage qu’elle s’intéressait, pas plus à la lune qu’aux nuages, qu’il n’y avait plus en elle aucun sentimentalisme et que je n’avais plus en face de moi qu’une féline, impitoyable chasseresse, seulement sensible à la présence de chair fraîche. Elle m’avait complètement oublié. Je n’étais plus rien pour elle. Elle n’avait plus envie de jouer.

 

 

                                                                                                                                                   photos m. saint-sevin   5/2003

 

Tous les soirs je la guette quand je vais fermer la porte du jardin. Mais il a bientôt un moment que je ne l’ai pas revue. Elle me manque.

 

 

 

avertissement important

 

Tu dois être prévenu, ami visiteur -tout le pâté de maison le sait, et le quartier puis la ville et enfin le  monde entier ne vont pas tarder à l’apprendre- la petite chatte dont il est question dans le titre de cette page est en réalité un matou appelé Fripon et qui manifeste aujourd’hui une certaine tendance à l’embonpoint.

 

    Fripon chez lui

 

Ce chat a aussi le défaut de ne pas souvent rester chez ses maîtres et d’aller partout raconter que je l’ai pris pour une autre. Il laisse même entendre que c’est uniquement pour faire du chiffre en attirant sur mon site un grand nombre de lecteurs par un titre impliquant un sous-entendu plus ou moins tendancieux, que j’ai intitulé la page « une si jolie petite chatte »  Il en appelle partout aux droits de la personne féline et au respect de la masculinité.

 

Bien entendu tout cela est faux et ce n’est certainement pas à la veille du jour où il est question d’instituer un contrôle du contenu des pages perso  que je vais l’admettre. J’ai vraiment pris Fripon pour une friponne. Le visiteur attentif remarquera sans doute que les photos qui illustrent le texte ont été prises à la tombée de la nuit dans une semi-obscurité. C’était au printemps 2003. Il avait fait chaud dans la journée et je me reposais sur la terrasse un verre à la main quand le félin est arrivé et qu’il s’est passé ce que je raconte ici. Toutes choses qui expliquent ma méprise et que comprendront sans doute tous ceux qui ont eu un jour chaud et soif.

 

Tu vas me dire, ami visiteur, que je pourrais, pour éviter tout malentendu, supprimer la page ou en changer le contenu, et qu’il n’y a là rien de plus facile. C’est vrai et ça ne l’est pas, car les moteurs de recherche ont fonctionné et que celui qui va cliquer aujourd’hui ou demain sur le titre du site s’attendra à y trouver une chatte. S’il ne trouve pas de chatte, il ne va pas être content. Et il va me traiter d’imposteur, de voleur, d’escroc et autres amabilités.

 

Et je n’aime pas du tout ça.  Alors chatte, elle était, chatte elle restera.

 

Et Fripon, je l’adore. Je sais que, malgré tout, il reviendra me voir aux beaux jours.

 

 

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édition du 16 janvier 2004