le siècle

      des saint-sevin

             dits l’abbé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le « siècle des saint-sevin dits l’abbé »

c’est l’histoire vraie et bien souvent inédite

de trois musiciens

partis de Bordeaux puis d’Agen

pour conquérir Versailles et Paris

au Siècle des Lumières

 

 

c’est aussi un ensemble d’anecdotes, récits, chroniques, ragots, potins, racontars, rapports et autres documents instructifs ou cocasses, pittoresques ou frivoles, et même parfois dramatiques, sur les mœurs du monde de la musique et de la danse à cette époque

 

 

c’est encore un regard de curiosité sur le dix-huitième siècle et l’idée qu’on s’en fait parfois

 

 

mais, c’est d’abord un vrai siècle

avec ses cent ans bien pesés

 

 

Pour embêter son patron, Louis XV, Voltaire a écrit Le Siècle de Louis XIV, laissant à Pierre Gaxotte le soin de publier beaucoup plus tard Le Siècle de Louis XV. Deux grands auteurs, deux chefs-d’œuvre. Mais qui comportent l’un et l’autre une part de tromperie. Rien à dire sur la qualité, irréprochable et exemplaire, mais qu’on le veuille ou non, la quantité n’y est pas. Aucune des deux époques proposées n’a jamais eu cent ans. Pas plus celle du grand-père, le Roi-Soleil, que celle de son arrière petit-fils, le Bien-aimé.

 

Ici, il n’en sera pas de même. Le visiteur en aura pour le temps qu’il va passer sur le site. Le Siècle des Saint-Sevin dits L’Abbé a ses cent ans bien pesés avec même un petit supplément puisque le premier des trois personnages qui composent la dynastie est né en 1695 à Bordeaux et que le dernier est mort à Paris en 1803. De plus, cette période couvre exactement ce qu’il est convenu d’appeler le Siècle des Lumières. Cent huit ans de prestige.

 

Evidemment, les Saint-Sevin ne sont pas les Bourbons. Mais ils les ont connus et tous les trois ont joué de la musique devant Louis XV et sa famille. Ils ont aussi fréquenté les gens dits « de qualité » Et aussi Voltaire et Rousseau. Et encore  tous les grands de la musique de l’époque : Rameau, Campra, Leclair, Mondonville, Dauvergne, Francœur et beaucoup d’autres dont on parlera. Ils ont traversé un siècle qui a vu le monde et la France évoluer dans tous les domaines de façon considérable, de Louis XIV à Napoléon en passant par le Régent, Louis XV, Louis XVI,  la Révolution et ses rebondissements, la machine à vapeur, la pile électrique. Et ils ont vécu des vies qu’on peut qualifier d’extraordinaires.

 

C’est tout cela que l’on va tenter d’évoquer ici.

 

Mais avant d’aller plus loin disons deux mots de ce que furent les Saint-Sevin dont on va parler ici.

 

les saint-sevin dits l’abbé

 

Ils étaient trois. Le premier, Pierre dit L’Abbé l’aîné, est né à Bordeaux en 1695 où son père était sacristain de Sainte-Colombe. Le deuxième, Pierre Philippe dit L’Abbé le cadet est né, lui aussi à Bordeaux, en 1698. Puis toute la famille est partie à Agen où les deux frères sont devenus maîtres de chapelle de Saint-Caprais. C’est là qu’on les a surnommés « L ‘Abbé » à cause du petit collet que leur état les obligeait à porter. A Agen Pierre-Philippe s’est marié et un fils, Joseph Barnabé, lui est né en 1727. A Paris, ce dernier, bientôt, sera lui aussi connu sous le nom de L’Abbé  le Fils.   

 

C’est là, à Paris et à Versailles, que les trois Saint-Sevin vont accomplir leurs destins historiques.

 

Pierre dit L’Abbé l’aîné (Bordeaux 1695- Paris 1768 ), musicien du Roi, de l’Opéra, du Concert spirituel, de la Foire et de la Sainte-Chapelle restera comme le premier grand violoncelliste français, celui dont Laborde a écrit : « c’est lui qui a fait tomber la viole par la belle qualité de son qu’il tirait de son instrument »

 

Pierre-Philippe dit L’Abbé le cadet (Bordeaux 1698- Paris 1777), lui aussi violoncelliste, musicien du Roi, de l’Opéra et de la Sainte-Chapelle restera, dans l’ombre de son frère, son égal en talent et virtuosité.

 

Joseph-Barnabé dit L’Abbé le fils (1727-1803), musicien de l’Opéra, du Concert spirituel et de la Sainte-Chapelle, le violoniste de la famille, restera dans l’histoire de la musique comme un jeune prodige au caractère difficile, « un des meilleurs musiciens d’orchestre qu’il y ait jamais eu. » d’après Laborde, un compositeur de talent et surtout l’auteur des Principes du Violon, la meilleure méthode française de son époque. Et tout cela avant de mourir en 1803 dans la misère, seul, pauvre et oublié chez le citoyen Tatin, cordonnier de son  état.

 

Jeanne Tronchet (1724- 1791) ci-devant Jeanneton puis Rozette et aussi Mainville aura sa part dans l’histoire des Saint-Sevin, d’abord parce qu’elle a épousé Joseph-Barnabé en 1762, mais aussi parce que sa vie mouvementée, digne d’un roman naturaliste, mérite d’être racontée.

 

 

pour visiter le site,

trois voies peuvent être empruntées :

 

On y accède en cliquant sur le titre inscrit sous chaque image

 

                     

 

          la voie principale          la voie secondaire                  la déviation

                 (la vie des Saint-Sevin)                        (les à-côtés)                                      (chronologie aide-mémoire)

 

la voie principale aboutit au récit de la vie des Saint-Sevin dits L’Abbé, raison d’être du site et, en principe, partie fixe qui ne devrait être modifiée que par de nouvelles découvertes.  Il est conseillé au visiteur novice d’aller y faire un tour d’entrée pour faire connaissance avec l’époque et le milieu.

 

L’image est celle d’un violoncelliste et est une représentation probablement réaliste de ce qu’étaient les deux aînés des Saint-Sevin.

 

la voie secondaire conduit aux à-côtés dont il est question dans l’en-tête : chroniques, documents, rapports, ragots, etc. Les sujets traités sont nés de notre curiosité, des découvertes faites au cours des recherches faites sur les musiciens. Ils se rapportent aux Saint-Sevin eux-mêmes ou à leur entourage, au milieu, à l’époque. Cette partie du site, parce qu’elle traite du dix-huitième siècle, un sujet méconnu et souvent maltraité mais d’une grande richesse et d’une grande variété, est appelée à être enrichie périodiquement de nouvelles pages.

 

L’image est un de ses «culs joufflus et vermeils» peints par Boucher et qu’abhorrait Diderot, mais qu’appréciait tant Casanova.

 

la déviation, à la fois chronologie, aide-mémoire, pense-bête, pourra être empruntée, non seulement par ceux qui préparent leur passage à « Questions pour un champion » ou « Qui veut gagner des millions ? » mais aussi par ceux qui ont oublié ou qui n’ont jamais su (il n’y a pas de honte à ça, et nous en étions il n’y a pas encore bien longtemps) qui était roi de France en 1727, combien de fois l’Opéra a péri sous les flammes et à quelle date Mozart s’est produit au Concert spirituel.

 

Le portrait est celui de Louis le Bien-Aimé, personnage historique central du dix-huitième siècle français, gravé par Jean Daullé d’après Rigaud.

 

 

 

                                     - ce site a été conçu à partir des recherches faites par :

                                       marcel et jean saint-sevin

                                     - ceux qui ont quelque chose à leur dire

                                       pourront  le faire en écrivant  ici >>> :

 

 

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édition 12 août 2003.

La musique est de Jean-Philippe Rameau (l’Air des sauvages des Indes galantes)