chronologie

  aide- mémoire

  pense-bête

 

 

 

 

pour briller à questions pour un champion : les grandes dates du XVIIIème siècle, ce qu’il faut savoir sur l’opéra, le concert spirituel, la musique royale, le théâtre de la foire.

 

 

 

 

 

Louis XV, roi de France

gravé par Jean Daullé d’après Rigaud

 

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on ne peut pas tout savoir

 

Quand nous avons commencé à nous intéresser aux Saint-Sevin du XVIIIè siècle, notre ignorance nous est progressivement apparue de plus en plus profonde. Chaque nouveau document voyait naître cent nouvelles questions qui restaient sans réponse. Comme de voyager dans un pays étranger sans guide ni interprète et sans en connaître ni la géographie, ni les mœurs, ni les usages, ni le patois.

Il nous a donc fallu fréquenter les bibliothèques, acheter des livres, prendre des notes

 

Nous les avons résumées ici pour ne pas les perdre et aussi parce que nous avons pensé que le visiteur même le plus cultivé pourrait avoir quelques trous de mémoire. On ne peut ni tout savoir, ni tout retenir.

 

En cliquant sur le bouton correspondant on aura quelques détails sur les sujets correspondants. On voyagera à son gré. Mais on pourra aussi enregistrer la page pour consulter ces aide-mémoire à sa guise.

 

                                      *    petite chronologie du XVIIIè siècle

                                      *    la musique royale

                                      *    l’académie royale de musique dite « opéra »

                                      *    le théâtre de la foire

                                      *    le concert spirituel

 

 

petite chronologie

 

Parce qu’il nous est arrivé plus souvent qu’à notre tour de ne pouvoir mettre une date sur un nom et un nom sur une date, nous avons établi pour notre propre usage le petit aide mémoire suivant que le visiteur souffrant du même embarras pourra utilement consulter

 

Petite chronologie aide-mémoire

                                                                      (sauf erreurs ou omissions)

1515 Marignan

 

1672 Etablissement d’une Académie Royale de Musique (Opéra)

1687 Mort de Lully

1695 Naissance à Bordeaux de Pierre Saint-Sevin futur L’Abbé l’aîné

1698 Naissance à Bordeaux de Pierre Saint-Sevin, futur L’Abbé le cadet

1707 Bateau à vapeur de Denis Papin

1715 Mort de Louis XIV, avènement de Louis XV

1715-1723 Régence de Philippe d’Orléans

1723 Mort du Régent - Règne personnel de Louis XV

1724 Fondation de la Bourse de Paris

1725 Inauguration du Concert spirituel aux Tuileries

1726 Fixation de la valeur de la livre tournois

1727 Naissance à Agen de Joseph-Barnabé Saint-Sevin, futur L’Abbé le fils

1734 Bataille de Phillippsbourg

1735 Premier haut-fourneau à coke

1735 Les Indes Galantes de Rameau à l’Opéra

1738 Louis XV cesse d’honorer son épouse

1742 Inquiétante sécheresse

1744 A Metz le Roi tombe gravement malade

1745 Bataille de Fontenoy Madame de Pompadour est présentée à la Cour

1746 Voltaire est élu à l’Académie

1752 Benjamin Franklin invente le paratonnerre

1757 Attentat de Damiens

1764 Dissolution de la Compagnie de Jésus en France

1764 Construction du Panthéon et de la Madeleine à Paris

1764 L’Abbé l’aîné reçoit100 livres de gratifications par an à l’Opéra soit 8.6.8. par mois

1764 La famille Mozart est invitée au grand couvert

1764 Mort de Madame de Pompadour – Mort du Dauphin –Alceste de Gluck à l’Opéra

1768 La France acquiert la Corse – Mort de la Reine –Scheele isole l’hydrogène

1768 Début de la liaison du Roi avec la future Madame du Barry

1768 Mort de Pierre Saint-Sevin dit L’Abbé l’aîné.

1774 Mort de Louis XV, avènement de Louis XVI

1775-1783 Guerre d’indépendance américaine

1777 Mort à Paris de Pierre-Philippe Saint-Sevin dit l’Abbé le cadet

1789 14 juillet, nuit du 4 août, etc.

1790 14 juillet,  etc.

1791 Mort à Paris de Jeanne Tronchet, l’épouse de Joseph-Barnabé Saint-Sevin

1792 Mort de Louis XVI

1795 Le Directoire, Appert invente la boîte de conserve. Le système métrique

1799 Coup d’état le 18 brumaire

1800 Création de la Banque de France, invention de la pile électrique par Volta

1800 Revêtement de chaussée par Macadam

1803 Mort à Paris de Joseph-Barnabé Saint-Sevin dit L’Abbé le fils

1804 Sacre de l’Empereur Napoléon Ier

 

Sur le site de la Bibliothèque Nationale de France (bnf.fr) le visiteur qui voudra en savoir plus trouvera une très intéressante et beaucoup plus détaillée chronologie illustrée du XVIIIè siècle

 

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la musique royale

 

Pierre Saint-Sevin, L’Abbé l’aîné, tout comme son frère Pierre-Philippe, le cadet, ont été tous deux membres de la musique royale.

 

Les spécialistes situent la grande époque des musiciens de Cour en France sous le règne de Louis XIV. Ce roi aimait la musique, était connaisseur, faisait partager ses goûts à ses enfants légitimes et bâtards comme à ses maîtresses et s’était donné les moyens financiers nécessaires à la satisfaction de ses plaisirs et de ses dons.

 

 

 

    Martin - Banquet du sacre de Louis XV en 1722

                                             (Musée de Versailles)

 

Son successeur, Le Régent, était encore plus doué que Louis XIV pour la musique. Mais son installation au Palais Royal a eu pour conséquence le déplacement du centre de la vie musicale de Versailles vers Paris.

 

Sous Louis XV les changements se sont accélérés. De nouvelles formes de musique sont apparues, l'influence italienne a pris de l'importance, le Concert spirituel, l'Académie de musique (Opéra), les salons ont attiré les musiciens et les amateurs vers Paris. Versailles, s'est éloigné, sans disparaître pour autant.

 

La musique, et surtout au temps de Louis XIV, était partout à la Cour. On composait pour le Roi, pour les grandes et petites circonstances : victoire, naissance, mariage, chasse, souper, le nouvel an, un feu d'artifice, une fête, un bal, une messe. A Versailles on entendait de la musique tous les jours, dans les palais, les parcs, bosquets, jardins et les salons. Le roi avait de plus des récréations particulières avec ses musiciens préférés.

 

La musique de la Chapelle était au sommet de la hiérarchie divisée en Chapelle-Oratoire (ecclésiastiques célébrant la liturgie) et Chapelle-Musique (chantres, organistes et symphonistes destinés à embellir la liturgie) A sa tête un Maître, haut dignitaire de l'Eglise, assisté d'un Sous-Maître, chargé des affaires musicales. On y a vu : Delalande, Du Mont, Campra, Madin, Gervais, Bernier, etc.

 

La musique de la Chambre ne fonctionnait pas quotidiennement comme la Chapelle, mais seulement « lorsque le Roy le commandait » Louis XIV ne ratait jamais une occasion. Un surintendant dirigeait cette musique (en fait deux surintendants, un par semestre) S'illustrèrent à ce poste : de Boesset, Lully, Colasse, Delalande, Collin de Blamont, Destouches, François Francœur, Antoine Dauvergne.

 

Les chanteurs étaient nombreux, les femmes brillaient d'un éclat particulier,  certaines venues de l'Opéra avec leur talent, mais aussi leurs caprices, leurs aventures galantes, leur goût de l'argent.

 

Les violonistes constituaient deux ensembles:

 

- la Grande Bande des Vingt-Quatre, officiers du Roi. Parmi eux : Léger, Chevalier, Huguenet, La Quièze, Le Peintre, Marchand, Sénallié, Duval, Anet, Rebel, Francoeur, Aubert. Et à partir de 1729, Pierre L'Abbé.

 

- La Bande dite des Petits Violons, une vingtaine de membres, parfois les mêmes que celle des vingt-quatre.

 

Tout autour des musiciens s'affairaient une armée d'artistes, artisans, danseurs, compositeurs, librettistes, facteurs, décorateurs, menuisiers, costumiers, imprimeurs, etc.

 

Au total avec les musiques de l'écurie et de l'armée qui accompagnaient le roi dans tous ses déplacements même lointains, sous Louis XIV, il y avait deux cents chanteurs et musiciens à la disposition du Roi de France. Equipe qui faisait honneur au pays, mais qui coûtait très cher.

 

Louis XV n'a pas eu à sa disposition les mêmes moyens financiers et la fusion en 1761 de la Chambre et de la Chapelle devait confirmer la fin de la grande époque.

 

Accéder à la Musique du Roi n'était pas facile. Il fallait des dispositions, de bonnes relations. Dans certains cas, un peu ou beaucoup d'argent était nécessaire, comme pour entrer dans la Bande des Vingt-Quatre. Mais, souvent, pour être ordinaire le talent suffisait. Il fallait aussi être de bonne vie et mœurs et impérativement pratiquer la religion catholique.

 

Les Musiciens du Roi avaient une vie difficile. Ils étaient souvent obligés d'avoir plusieurs logements pour suivre le roi à Fontainebleau, Marly, Saint-Germain, Versailles. S'ils revenaient chez eux le soir, ils étaient épuisés par la fatigue, l'inconfort et l'insécurité sur les routes. Paris était souvent leur port d'attache. La présence de L'Opéra, du Concert spirituel et des riches mécènes en accentuait l'attrait.

 

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l’académie royale de musique

 

 

Plan dit de Turgot 1739 – Le Paris de la musique, avec à gauche le Palais Royal où siégeait l’Opéra, la rue Saint-Niçaise où était le fameux Magasin, les Tuileries, en bas qui ont abrité longtemps le Concert Spirituel. En face du Palais-Royal, la rue Saint-Thomas du Louvre où Joseph-Barnabé a habité un certain temps. Tout comme Marie Fel

 

 

La création de l'Académie Royale de Musique, appelée aussi Opéra, remonte à l'année 1669 quand Louis XIV accorda à Pierre Perrin le privilège d'établir en France une académie de musique. Mais à Paris, il n'y avait aucun local propre à cet usage. C'est dans une salle de jeu de paume, le Jeu de la Bouteille, rue des Fossés-de-Nesle (actuellement rue Mazarine), que Perrin installa le berceau de l'opéra français. A partir de cela, pendant deux siècles, et à coups de faillites, incendies, attentats et manœuvres politiciennes, il se déplacera dans tout Paris.

 

Pierre Perrin commence par se ruiner. Lully lui rachète son privilège. Après un passage dans un autre jeu de paume, celui du Bel-Air, près de Vaugirard, l'Opéra s'installe dans la salle de théâtre du Palais Royal délaissée après la mort de Molière et dont Louis XIV octroie la jouissance à Lully. Cela durera de 1673 au 6 avril 1763. C'est dans ces lieux que les trois Saint-Sevin exercèrent leurs talents. Le 6 avril 1763 c'est un incendie qui viendra mettre fin à une salle dont les structures ne convenaient plus aux exigences des créateurs comme du public. Elle a une mauvaise acoustique, « Heureusement pour elle ! » disent les spectateurs qui pensent le plus grand mal de l'orchestre.

 

                                            Premier incendie de l’Opéra du Palais Royal le 6 avril 1763 (document BNF)

 

L'Opéra trouve alors refuge aux Tuileries où Soufflot reconstruit dans la salle des Machines la réplique exacte de la salle du Palais Royal.

 

La reconstruction de l'Opéra, rue Saint-Honoré, dans un édifice spécialement aménagé dont l'entrée se trouvait place du Palais-Royal, se poursuit pendant ce temps au profit du duc de Chartres et aux frais de la ville de Paris. Elle est achevée en 1770. C'est l'époque du débat entre gluckistes et piccinistes. Le feu vient, encore lui, mettre fin aux discussions, le 8 juin 1781. l'Opéra va alors aller aux Menus-Plaisirs, rue Bergère, puis Porte Saint-Martin dans un local construit en deux mois par Lenoir.

 

Avec la Révolution, l'Académie Royale de Musique devient, en 1791, théâtre de l'Opéra. En 1794, la compagnie s'installe place Louvois, sur l'emplacement de l'actuel square Louvois, et devient Théâtre de la République et des Arts puis Théâtre des Arts. Joseph-Barnabé Saint-Sevin y travaillera comme employé quelques années à la fin de ses jours, par besoin d'argent.

 

En 1803, année de la mort de notre musicien, l'Académie de républicaine devint impériale, puis royale, ensuite, successivement impériale et royale. Installée rue Richelieu, pendant un spectacle, le 13 février 1820, on y assassine le duc de Berry. Le théâtre est rasé par ordre du roi. Il va alors salle Favart, puis au théâtre Louvois et rue Pelletier. Un nouvel incendie en 1873, et il s'installe salle Vendôme. Le 5 janvier 1875 Mac-Mahon inaugure le nouvel opéra construit par Garnier et le 17 mars 1990, à la Bastille, François Mitterrand inaugure à nouveau.

 

N.B. Les récits faits par Casanova de ce qu’il a vu à l’Opéra de Paris un jour de juin 1750, ainsi qu’au Concert spirituel en 1759, se trouvent à une autre page de ce site intitulée : « Casanova à l’Opéra » On y accède d’ici en cliquant sur le titre.

 

 

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le théâtre de la foire

 

 

                                               Parade au théâtre de la foire Saint-laurent (1786) Musée Carnavalet

 

Depuis le moyen-âge, deux foires se tenaient à Paris : la foire Saint-Laurent (sur son emplacement est aujourd'hui la cour de la gare de l'Est) de juin à septembre et la foire Saint-Germain, aux alentours de l'Eglise Saint-Germain-des-Prés, du 3 février à la semaine sainte. Longtemps réduits à des exhibitions de singes, chiens savants, acrobates, marionnettes, les théâtres de la Foire se mirent à représenter des scènes dialoguées et des comédies à ariettes. La Comédie-Française et l'Opéra, dont ils lésaient le privilège, le leur firent interdire.

 

C’est seulement en 1714 que la troupe de Catherine Vandenberg fut autorisée à donner des pièces mêlées de chants. Des auteurs connus travaillèrent pour le théâtre de la Foire, entre autres : Lesage, Vadé, Sedaine, Panard, et des musiciens comme Philidor et Monsigny. Auxquels certains musicologues ajoutent : Aubert, Mouret, Gilliers, Corrette et L’Abbé.

 

En fait, il semble bien qu’un bon nombre de musiciens et parmi les plus réputés n’ont pas dédaigné de composer de petits airs pour le théâtre d’opéra comique. Mais il nous apparaît aussi que la recherche historique a dans ce domaine un terrain relativement vierge à exploiter.

 

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le concert spirituel

 

                      Le Palais des Tuileries où siégeait le Concert spirituel vu par Raguenet en 1757 (Musée Carnavalet)

                                                              (Tuileries incendiées par la Commune en 1871)

 

Le Concert spirituel, où Pierre Labbé a brillé et où son neveu Joseph-Barnabé s'est fait connaître, a été créé en 1725. A cette époque, Paris ne possédait pas de vraie salle de concerts publics. L'Académie royale de musique (l'Opéra) détenait une sorte de monopole. Mais, le 22 janvier 1725 un accord a été signé entre Jean-Nicolas Francine, directeur de l'Académie et Anne Danican dit Philidor qui accordait à ce dernier et pour trois ans le privilège d'établir et faire des concerts de musiques spirituelles dans la ville de Paris les jours où il n'y avait point de spectacle, à Pâques, Pentecôte, Toussaint, Noël, etc.

 

Le roi a prêté une salle au premier étage du pavillon central des Tuileries, le salon des Suisses ou Salle des Cent Suisses. Cette salle de garde a été aménagée et un premier concert a eu lieu le 18 mars 1725, jour de la Passion. On y a joué des oeuvres de Corelli et Lalande.

 

La virtuosité des interprètes, les compétitions qui s'établirent entre eux, l'exhibition de nombreux prodiges et des castrats italiens, les instruments nouveaux, la pluralité des sources et des genres, la consécration du violon avec l'apparition d'une véritable et influente école française, furent les principaux attraits du Concert spirituel.

 

A l'origine la concession accordée à Anne Danican dit Philidor laissait peu de place à autre chose que la musique spirituelle. Mais petit à petit les programmes ont évolué pour couvrir tout le domaine musical et lyrique, du grand motet, fonds immuable du Concert, aux symphonies comme celles de Mozart en 1778.

 

Au Concert spirituel on payait sa place et l'aristocratie y rencontrait la bourgeoisie aisée. On y venait pour écouter de la musique, mais aussi pour se montrer. Les dames du meilleur monde côtoyaient les actrices. Le respect du silence n'était pas encore entré dans les mœurs. On allait, on venait. Le public était souverain. Il semble bien toutefois, d’après ce que rapporte Casonova, qu’il n’était pas de bon ton en 1759 de jaser au Concert.

 

Mais, en 1789, le public a déserté le Concert. Les aristocrates étaient ailleurs et les bourgeois n'avaient que la politique en tête. Pas la musique. La dernière audition du Concert a eu lieu le 2 février 1790 devant 303 spectateurs.

 

N.B. Les récits faits par Casanova de ce qu’il a vu à l’Opéra de Paris un jour de juin 1750, ainsi qu’au Concert spirituel en 1759, se trouvent à une autre page de ce site intitulée : « Casanova à l’Opéra » On y accède d’ici en cliquant sur le titre.

 

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                                                                      notre adresse : saint-sevin.marcel@wanadoo.fr

Edition 17 septembre 2002