1899

 

 

 

du compendium métrique

   à la comptabilité morale

 

                        

                         la monographie de l’instituteur de

                                                      Savigny-sur-Orge

                                         Auguste Pacifique Vadier

 

                                                  

                                                                                                                                       il est recommandé de lire cette page

                                                                                                                                       sur plein écran (touches F11 ou de fonctions)

 

                        

                                                                                                 Monographie de l’instituteur de Savigny-sur-Orge -1899

                                                                                                           Document Archives départementales de l’Essonne

 

Comme presque tous ses collègues de Seine-et-Oise, l’instituteur de Savigny-sur-Orge, Auguste Pacifique Vadier, a répondu favorablement à la demande formulée par son inspection départementale d’écrire une monographie sur son village à l’occasion de l’exposition universelle de 1900. On n’en donnera ici qu’une partie pour servir de complément à la fois à nos pages sur Villemoisson, celle consacrée à la petite école et celle qui reproduit la monographie de son instituteur.

 

Le texte complet de la monographie de Savigny comporte d’abord une partie géographique sommaire, puis une esquisse historique empruntée pour l’essentiel à des auteurs anciens comme L’Abbé Lebeuf. Les chapitres qui suivent sont intitulés :

    - Personnages remarquables

    - Progrès des institutions de prévoyance

    - Avenir possible de la commune

 

Ensuite, vient à la partie la plus importante de la monographie qui est intitulée : Instruction publique . L’instituteur y fait d’abord l’historique des bâtiments ayant abrité les écoles successives. Puis, il en vient à la sienne d’école, celle des garçons, où il exerce depuis le 10 septembre 1892. Et là, si la calligraphie est toujours superbe, le ton change. Ce n’est plus de l’histoire, mais le témoignage d’un homme qui aime son école, son métier, ses élèves. Et c’est une accumulation de détails qui nous transporte cent ans en arrière. De l’armoire du compendium métrique à la leçon de morale du samedi soir on est dans un autre monde que celui d’aujourd’hui.

 

Des dizaines, sinon des centaines de milliers de pages de journaux, de revues, de livres ont été écrites en bien et en mal sur ces maîtres d’école qu’on a appelés, après Péguy, les  « hussards noirs de la République ». Il n’est pas question ici d’y ajouter quelques unes. Ce qui nous a intéressé dans le texte publié ici, c’est le voyage dans le temps auquel il nous invite. Et auquel nous convions nos visiteurs à participer en leur demandant d’y aller sans bagages, de laisser la nostalgie au vestiaire avec les idées et les débats d’aujourd’hui. Ça n’a rien à voir. Le Savigny-sur-Orge de 1900 avec ses 1692 habitants recensés, ses 278 maisons et 491 ménages n’a rien de commun avec celui de 2004 vingt fois plus peuplé et autrement. Plus  un seul paysan, pas de carrier, aucun ouvrier brasseur. En 1899, la République est toute jeune, l’école de Jules Ferry aussi. Les trois images qui illustrent cette page nous disent la différence. Le compendium métrique, avec ses poids, ses mesures pour les solides et les liquides, sa chaîne d’arpenteur n’est pas seulement le moyen d’apprendre aux enfants le système métrique alors que dans la pratique on se sert encore assez souvent des anciennes mesures régionales. Il participe au combat pour la rationalisation, l’uniformisation, la centralisation. Le plan de Savigny parle de lui-même surtout pour les Saviniens d’aujourd’hui. Quant à la photographie qui ouvre le chapitre, on sera reconnaissant à Monsieur Vadier de nous avoir donné celle d’une cour de récréation plutôt que celle habituelle de gamins endimanchés alignés en étage par ordre de taille autour de leur instituteur barbu et moustachu en redingote, assis sur une chaise, les mains sur les genoux.

 

 

                  

 

                  

 

                  

 

                 

 

                

 

                 

 

                

 

                

 

                

 

                 

 

                 

 

                    

 

 

                  

 

 

sources et ressources

 

Les monographies des instituteurs de l’Essonne sont aux Archives départementales de l’Essonne à Chamarande. C’est de là que proviennent les images qui figurent sur cette page.

 

Les autres pages du présent site qui traitent du même sujet sont :

 

- celle qui parle de la première école communale de Villemoisson ouverte en 1830.

                                                                            On la lira en cliquant  >>> ici

- celle qui reproduit la monographie de 1899 de l’instituteur de Villemoisson où, entre le style des deux hussards, le visiteur attentif remarquera sans doute plus d’une différence.

                                                                                       à lire à partir d’ici >>>

 

A  propos de l’enseignement de la morale, le visiteur curieux lira avec intérêt la fameuse lettre de Jules Ferry adressée aux instituteurs le 17 novembre 1883. On la trouvera en intégralité sur différents sites web et particulièrement sur :

       http://s.huet.free.fr/paideia/paidogonos/jferry3.htm

avec d’autres textes importants comme la lettre de Guizot de 1833.

 

Un extrait de la lettre de Jules Ferry est donné ci-après :

 

…….La loi du 28 mars se caractérise par deux dispositions qui se complètent sans se contredire : d'une part, elle met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier, d'autre part, elle y place au premier rang l'enseignement moral et civique. L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'église, l'instruction morale à l'école……

 

……Vous êtes l'auxiliaire et, à certains égards, le suppléant du père de famille : parlez donc à son enfant comme vous voudriez que l'on parlât au vôtre : avec force et autorité, toutes les fois qu'il s'agit d'une vérité incontestée, d'un principe de la morale commune ; avec la plus grande réserve, dès que vous vous risquez d'effleurer un sentiment religieux dont vous n'êtes pas juge.

Si parfois vous étiez embarrassé pour savoir jusqu'où il vous est permis d'aller dans votre enseignement moral, voici une règle pratique à laquelle vous pourrez vous tenir. Au moment de proposer aux élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s'il se trouve à votre connaissance un seul honnête homme qui puisse être froissé de ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis un seul, présent à votre classe et vous écoutant, pourrait de bonne foi refuser son assentiment à ce qu'il vous entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire ; sinon, parlez hardiment : car ce que vous allez communiquer à l'enfant, ce n'est pas votre propre sagesse ; c'est la sagesse du genre humain, c'est une de ces idées d'ordre universel que plusieurs siècles de civilisation ont fait entrer dans le patrimoine de l'humanité. Si étroit que vous semble peut-être un cercle d'action ainsi tracé, faites-vous un devoir d'honneur de n'en jamais sortir, restez en deçà de cette limite plutôt que vous exposer à la franchir : vous ne toucherez jamais avec trop de scrupule à cette chose délicate et sacrée qu'est la conscience de l'enfant….

 

édition du 22 septembre 2004